On ne dira plus « Bonne journée de la femme »

On ne dira plus « Bonne journée de la femme »

 

En ce jour dédié aux Droits des Femmes, on ne leur souhaitera plus une bonne fête.

En cette journée internationale du droit des Femmes, on rappelle que ce ne sont pas des roses qu’elles demandent… Mais des droits !

 

Pas une de plus

 

La loi sur la parité impose aux scrutins de liste, de proposer un nombre égal de femmes et d’hommes. Si le fond est intéressant, la forme pose quelques problèmes :

 

L’une des problématiques régulièrement rencontrée est la difficulté à trouver la parité parfaite. Conduisant certaines listes à renoncer à se soumettre au suffrage des citoyens.

 

Mais cette difficulté se rencontre également dans l’autre sens, certaines têtes de liste azuréennes nous ont expliqué avoir eu plus de difficulté à trouver des candidats masculins et ont été contraintes de refuser des candidates féminines.

 

Voilà que la loi sensée permettre une parfaite représentativité des femmes dans la politique se retourne contre elles… Cette problématique a déjà causé quelques annulations de scrutins (voir sources en bas de page).

 

Un doute sur la légitimité

 

Une autre problématique rencontrée est la question de la légitimité remise en cause. Il n’est de fait pas rare d’entendre au cours d’échanges sur les marchés « Oui mais il fallait bien une femme ».

 

Là encore, il apparaît que la règle devient un moyen de discréditer, sur une raison fallacieuse, une personne en raison de son genre.

 

Personne ne peut oublier les caquètements de poule lancés au sein de l’institution législative envers la ministre en charge du logement Cécile DUFLOT, la remise en question des compétences de Sibeth NDIAYE, les méthodes employées contre Marlène SCHIAPPA, Secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes; et ce dans l’unique entreprise de discrédit.

 

 

Une discrimination « positive » ?

 

Nous abordons volontairement le sujet de la parité sur l’angle négatif afin d’en relever les lacunes. Cependant, il faut noter que les femmes n’ont jamais été aussi représentées (et bien représentées) dans la sphère politique.

 

En 2017, l’Assemblée Nationale a vu le nombre de députées femmes augmenter, passant de 26,9% lors de la précédente mandature (2012) à 39,1% pour la mandature actuelle*.

 

En ce qui concerne le Sénat, l’augmentation est plus timide, elle peut par exemple s’expliquer par le mode de scrutin parfaitement différent de celui des législatives. Qui plus est, le renouvellement du Sénat se fait par moitié tous les trois ans (pour un mandat de 6 ans). En 2011, le Sénat était composé de 25% de femmes, contre 31,9% en 2017*.

* source: INSEE (document en fin d’article).

 

 

Du mieux au niveau local

 

Selon l’INSEE, les conseils municipaux sont à 40% composés de femmes, 31,5 dans les conseils communautaires, 47,5% dans les conseils régionaux.

 

Sans surprise, les conseils départementaux font figure d’excellents élèves puisque (toujours selon l’INSEE), il y a une très stricte parité entre les femmes et les hommes, là encore due au mode de scrutin (Binominal majoritaire et paritaire qui plus est).

 

Une Europe en avance

 

Concernant le Parlement Européen, non seulement le nombre de femmes n’a cessé d’augmenter depuis 1979 (40,4% en 2019 contre 36,4% en 2014), mais avec l’élection d’Ursula VON DER LEYEN à la tête de la Commission Européenne suite aux élections de 2019, c’est une nouvelle étape qui a été franchie.

 

Bien que l’institution Européenne ait toujours été légèrement en avance dans la confiance accordée aux femmes, c’est la première fois qu’une femme accède à cette fonction.

 

À ne pas confondre avec la Présidence du Parlement Européen, dont la première femme élue à cette fonction a été… Simone VEIL et ce, dès 1979

 

En conclusion

 

Aucune loi n’est parfaite et celle-ci ne fait pas exception. Cependant, il est indéniable qu’elle a permis à la politique d’être plus représentative de notre société.

 

Si l’évolution est lente, elle a le mérite d’exister, le fond prévaut également sur la forme. Toutes les lois permettant aux femmes de s’épanouir, en quelque domaine que ce soit sont nécessaires. Faire en sorte qu’elles investissent pleinement en toutes les sphères de la société, professionnelle, politique, culturelle, caritative, associative, etc… leur assurera également, à terme, de le faire de manière sécurisée.

 

Si il est habituel d’entendre parler de la parité comme une discrimination « positive », les femmes restes confrontées à d’autres discriminations. Pire encore: le sexisme.
Et ce, à tous les niveaux.

 

En cette journée internationale du droit des femmes, nous voulons remercier toutes les personnes qui, aujourd’hui, s’engagent pour permettre une égalité parfaite entre les hommes et les femmes. Nous voulons également rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui, au travers de l’Histoire, nous permirent de faire avancer cette cause.

Merci !

 


Source:

Europe 1: trop de femmes adjointes à la mairie: la justice annule une élection à Sarcelles

Fichier: Part des femmes parmi les élus locaux fin 2017 (en %) [Excel – 20KB]